La majorité fédérale renonce à ses engagements vis-à-vis des populations du sud et du droit à l’alimentation

Deux propositions de loi et de résolution sont à l’ordre du jour du Parlement fédéral ces mercredi et jeudi qui, si elles sont adoptés, constitueront autant de reculs insupportables par rapport aux populations du sud et à un modèle agricole plus respectueux de l’environnement et des personnes. Pour le groupe Ecolo-Groen, il s’agit de renoncements aussi inacceptables qu’inquiétants face au lobby agroalimentaire et à des spéculateurs sans scrupule, qui laissent derrière eux famines et déserts écologiques.

La première proposition de loi, défendue par l’ensemble de la majorité fédérale, propose d’augmenter le taux d’agrocarburant dans le carburant et de supprimer les critères de durabilité actuellement présents dans la loi belge. C’est une position particulièrement incohérente à l’heure où toutes les instances internationales, dont l’Union Européenne, démontrent et dénoncent les méfaits des cultures intensives, nécessaire à la production de ces agrocarburants. Celles-ci sont en effet réalisées au détriment de la biodiversité mais aussi de l’accès à la terre pour tous, et donc à l’alimentation, et aux revenus des populations des pays du sud qui se voient privés de la capacité d’exploiter leurs propres terres. En la matière, le Secrétaire d’Etat Wathelet agit en contradiction totale avec les promesses qu’il a faites lors de ses concertations avec la société civile sur ce sujet sensible.

Mais ce n’est pas tout ! Cet après-midi figure également à l’ordre du jour une proposition de résolution qui visait initialement à interdire la spéculation financière sur les matières premières alimentaires. Rédigée à l’issue de l’audition en Commission des Finances de la Chambre du rapporteur spécial des Nations Unies, Olivier De Schutter, et de représentants d’ONG, et cosignée par le groupe Ecolo-Groen, cette résolution visait à donner un mandat impératif au Ministre des Finances en vue de la prochaine réunion des Ministres des Finances européen afin que celui-ci plaide en faveur de l’interdiction de tels produits spéculatifs. Par des amendements en Commission, les partis libéraux et socio-chrétiens, appuyés par la NVA, ont considérablement altéré la portée du texte, en renonçant à faire de notre pays un acteur de pointe sur cette réforme urgente. Nous avons en conséquence retiré nos signatures d’un texte devenu un paravent malhonnête face aux ravages de la spéculation alimentaire sur ces populations du sud et au rôle actif joué par plusieurs banques belges en la matière.

Le groupe Ecolo-Groen s’opposera à ces textes et proposera, une nouvelle fois, de les amender. A nos yeux, il est possible de concilier le respect des critères de durabilité, d’éthique et de solidarité avec les pays du sud, d’une part, avec l’activité économique, d’autre part.

Sur ces dossiers, nous espérons un sursaut du Parlement, ne serait-ce que par respect de ces populations du Sud, dont nous nous disons facilement solidaires… mais que nous trahissons trop souvent, faute de courage et de vision politique.

 

Muriel GERKENS,

Cheffe de groupe à la Chambre

 

Thérèse SNOY et Georges GILKINET,

Députés fédéraux

Comments (1)

gregoire755@gmailjuin 25th, 2013 at 12:57

des les premiers elus au parlement (au senat) en1981, diverses actions furent menees (senateur pierre van roye) zn vue de porter a 0,7% le budget pour le developpement.

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