Ecolo salue une première dans la lutte contre le déclin des abeilles

Trois pesticides interdits dans l’Union européenne

Ce lundi 29 avril 2013, quinze États membres se sont prononcés en faveur de cette interdiction qui devrait prendre effet d’ici la fin de l’année. Ce vote permet à la Commission européenne de suspendre, pendant deux ans à compter du 1er décembre, l’utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques.

Ecolo salue le vote responsable des quinze États membres, dont heureusement la Belgique, qui ont répondu aux mobilisations citoyennes, associatives et politiques partout en Europe en soutenant la proposition de la Commission européenne. La suspension de l’utilisation de ces insecticides était la seule ligne de conduite responsable en réponse au rapport de l’EFSA, qui a souligné les défaillances des systèmes européens et nationaux d’évaluation et de suivi des risques, permettant depuis trop longtemps aux néonicotinoïdes de nuire aux abeilles.

Depuis longtemps, Ecolo et Groen demandent des mesures de suspension des agréments au niveau belge. En juin dernier, la députée Thérèse Snoy avait pointé l’utilisation du Cruiser (contenant la neonicotinoïde thiametoxam) dans les semences de lin, de betteraves et de certains légumes. La Ministre fédérale de l’Agriculture Sabine Laruelle avait alors refusé d’avancer dans ce dossier, préférant attendre une décision européenne, contrairement à la France, l’Allemagne et l’Italie.

La Commission a désormais carte blanche pour s’assurer de la mise en œuvre effective de ces restrictions au 1er décembre 2013. Ce vote envoie un signal encourageant : la priorité en Europe est de trouver des solutions au problème du déclin des populations d’abeilles et, plus globalement, à la santé des écosystèmes, et non de défendre les intérêts à court terme de certaines grandes firmes.

Cette suspension est une première étape. Une interdiction complète de tous les néonicotinoïdes est essentielle pour empêcher l’effondrement de nos colonies d’abeilles, car seule cette interdiction totale mettra fin à l’exposition des insectes non ciblés à ces composés systémiques qui restent dans le sol et parviennent dans le nectar et le pollen au fil des années.

Thérèse SNOY,

Députée fédérale

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Jacquesmai 30th, 2013 at 5:15

http://www.actu-environnement.com/ae/news/avis-efsa-pesticide-fipronil-abeilles-regent-basf-18611.php4#xtor=EPR-1

Pesticide : l’Efsa pointe les risques du fipronil pour les abeilles

Le fipronil, matière active du pesticide Régent de BASF, présente « un risque aigu élevé » pour la survie des abeilles lorsqu’il est utilisé en tant que traitement des semences de maïs, prévient l’autorité européenne pour la sécurité des aliments.

Nature / Ecologie | 28 mai 2013 | Actu-Environnement.com

L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a rendu lundi 27 mai un avis dénonçant le risque « aigu élevé » du fipronil pour la survie des abeilles. Le fipronil est la substance active du pesticide Régent, fabriqué par le groupe allemand BASF, et utilisé en tant que traitement de semences de maïs. Cet insecticide à large spectre appartient à la famille chimique des phénylpyrazoles. Il est « utilisé pour contrôler divers insectes du sol au cours de la phase de croissance des larves et agit par contact et par ingestion », rappelle l’Efsa.

La Commission européenne avait demandé cet avis à l’agence en août 2012. L’Efsa relève un risque aigu élevé identifié pour le maïs associé à l’exposition des abeilles aux émissions de poussières issues des semences traitées par l’insecticide. En revanche, pour d’autres cultures, notamment le tournesol, « une évaluation complète des risques n’a pas pu être réalisée » faute de données et, par conséquent, le niveau de risque associé à une exposition à des poussières produites lors de l’ensemencement en lignes (c’est-à-dire lorsque les semences sont placées mécaniquement dans le sol puis recouvertes) « n’a pas pu être établi », a souligné l’Efsa.

Concernant l’exposition des abeilles via le butinage de pollen ou de nectar « contaminés », les études disponibles – études sur le terrain et études en conditions semi-naturelles – présentaient également « des lacunes et se sont donc révélées insuffisantes » pour établir le niveau de risque pour les abeilles associé à l’utilisation du fipronil pour le traitement des graines de tournesol et de maïs. Cependant, l’Efsa estime ce risque « comme étant peu élevé en ce qui concerne les légumes pour lesquels l’utilisation du fipronil est autorisée, car les abeilles ne butinent pas leur pollen ou leur nectar ».

Plusieurs lacunes ont été identifiées « dans les données disponibles relatives à d’autres voies d’exposition potentielles » comme l’eau de guttation butinée par l’abeille notamment, ajoute l’Efsa.

Le fipronil déjà interdit en France

La France a déjà interdit depuis 2004 le Régent utilisé pour le maïs et le tournesol pour son impact sur les abeilles. Selon l’AFP, cinq pays de l’UE utilisent encore cet insecticide pour le maïs : l’Espagne, la Hongrie, la Bulgarie, la République Tchèque et la Slovaquie. Il est également utilisé en Belgique, en Roumanie et aux Pays-Bas, mais pour d’autres cultures que le maïs.



Le groupe BASF a désormais trois semaines soit jusqu’au 14 juin pour répondre à cet avis. La Commission européenne soumettra ensuite le cas du fipronil à un comité d’experts de l’UE pour une décision le 15 ou le 16 juillet, ont indiqué les services du commissaire chargé de la Santé Tonio Borg.



Dans un communiqué, BASF estime que le rapport de l’Efsa « n’a signalé aucun risque supplémentaire lié à l’utilisation des traitements des semences à base de fipronil ». Le groupe souligne également que cette dernière évaluation effectuée par l’agence « se base en grande partie sur de nouveaux domaines de compétences qui posent questions et pour lesquels il n’existe actuellement aucun critère d’évaluation reconnu ».

Vers un prochain retrait européen du fipronil ?

Suite à un avis de l’Efsa paru en janvier dernier, la Commission européenne a confirmé le 24 mai sa décision de restreindre pendant deux ans, à compter du 1er décembre 2013, l’utilisation de trois pesticides de la famille des néonicotinoides (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) fabriqués par les groupes Bayer et Syngenta, pour leur impact sur les abeilles.

Les pesticides contenant du fipronil pourrait être les prochains visés par Bruxelles. « Ce n’est pas en limitant l’utilisation des produits contenant du fipronil, que les autorités européennes parviendront à préserver la santé des abeilles. Au contraire, elles imposeront des contraintes supplémentaires à l’agriculture européenne et inciteront les apiculteurs à abandonner la lutte contre les vrais causes de mortalité que sont le varroa, nosema… », a prévenu Jürgen Oldeweme, vice-président du Département Sécurité produits et Affaires réglementaires de la division Protection des Plantes de BASF. « Nous sommes prêts à discuter avec l’Efsa et la Commission Européenne de nouvelles études à mener et des actions à mettre en place pour améliorer la protection des abeilles. Nous soutenons toute collecte de données objectives pouvant démontrer à nouveau la sécurité de nos produits », a-t-il ajouté.

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