Les écologistes se réjouissent du consensus parlementaire en faveur d’une agriculture plus durable

Adoption de deux résolutions

La Commission des Affaires extérieures de la Chambre vient de voter largement deux résolutions visant à lutter contre la volatilité des prix alimentaires et pour une meilleure gouvernance foncière dans les pays en développement.

Le premier texte déposé par Ecolo-Groen ! s’attaque au problème de la hausse des prix alimentaires au niveau mondial et à leur volatilité qui grève la possibilité d’investissements durables dans l’agriculture des pays du Sud.

La résolution critique les pratiques spéculatives, la financiarisation des marchés de matières premières, la production d’agro-carburants à grande échelle et le modèle de production de viande basé sur des importations de fourrages. Elle demande au gouvernement de soutenir tant à l’OMC, l’Union Européenne et à la FAO l’accès pour les pays du sud à une meilleure sécurité alimentaire et le renforcement de l’agriculture paysanne vivrière.

Elle met aussi en cause nos propres politiques, demandant que cessent les incohérences entre certaines subventions agricoles à l’exportation et le soutien à l’agriculture paysanne dans les pays partenaires de la coopération. La contradiction entre l’importation d’agro-carburants et la production alimentaire, exige également des formes nouvelles de régulation des marchés à terme, et la création de stocks régionaux pour stabiliser l’approvisionnement des populations.

Les parlementaires demandent enfin que nos Régions soutiennent la création de réseaux alimentaires locaux et des pratiques agricoles plus durables réduisant la dépendance aux « intrants » (engrais, aliments pour bétail).

Cette résolution a finalement recueilli une large majorité de voix.

Le deuxième texte, issu d’une fusion de trois textes déposés (dont un texte Ecolo-Groen !), porte sur la gouvernance foncière et demande de réguler les investissements fonciers réalisés par de grandes entreprises ou par des Etats étrangers dans certains pays du sud. Considérant que le processus d’accaparement de surfaces cultivables par des investisseurs étrangers leur permet de prendre le contrôle de la terre et des réserves de ressources alimentaires aux dépens de l’agriculture vivrière, des droits sociaux et même des droits humains fondamentaux, les députés demandent au gouvernement de soutenir l’ensemble des Etats concernés pour qu’ils mettent en place des mécanismes de gestion foncière en faveur de l’autonomie alimentaire et des filières locales. Les investissements ne devraient plus être réalisés sans consultation, transparence, participation et consentement des populations locales. Ces points sont fortement inspirés par les recommandations du rapporteur spécial aux Nations Unies pour le droit à l’alimentation.

Le texte porte aussi sur règles à suivre pour les investissements belges et européens à l’étranger, demandant qu’ils soient soumis à des critères de durabilité et qu’ils respectent le code de bonnes pratiques mis en place par la FAO.

La résolution a été adoptée à l’unanimité par la Commission.

 

Je vous prie de trouver les textes sur le site de la Chambre (www.lachambre.be )

1) Proposition de résolution concernant la hausse des prix des denrées alimentaires. (voir le texte adopté: Texte adopté)

2) Proposition de résolution relative à l\’accaparement des terres agricoles et à la gouvernance foncière dans les pays en développement. (voir le texte adopté: Texte adopté)

Comments (1)

Jacquesjuillet 21st, 2011 at 13:22

Dans de nombreux pays, la terre représente l’unique ressource principale. L’accès à la terre, la sécurité foncière et la gestion foncière constituent des éléments essentiels du développement.

Les systèmes d’enregistrement et de cadastre apportent une sécurité foncière qui ouvre à la population la possibilité d’obtenir des prêts hypothécaires.

Une gouvernance faible, qu’il s’agisse d’administration foncière formelle ou de droit foncier coutumier, conduit à une protection insuffisante des droits fonciers des plus pauvres, à leur marginalisation et à la privation de leurs droits.

Une gouvernance faible signifie aussi que la terre n’est pas exploitée de façon appropriée et n’est donc pas en mesure de créer de la richesse et bénéficier à l’ensemble de la société.

Voir aussi :

http://www.entraide.be/IMG/pdf/en_2_mots_2011.pdf

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