Publicité automobile et CO2 : Les Belges auront toujours besoin d’une loupe pour obtenir des informations sur les émissions CO2 des voitures !

Ce mardi, alors que la Commission Santé publique de la Chambre se penchait sur une proposition de loi visant à modifier l’arrêté royal encadrant la publicité des véhicules automobiles, des députés ont décidé de faire marche arrière toute. En cause : une lettre de la FEBIAC faisant pression pour éviter de devoir soumettre les constructeurs à leurs obligations.

La proposition de loi précisant les modalités d’informations sur les émissions de CO2 dans la publicité pour les voitures a été rejetée dès son premier article à la Commission Santé-Environnement de la Chambre ce mardi. Les élus du CD&V, de la N-VA, de l’open VLD et du Vlaams Belang ont voté contre, et le SP.A s’est abstenu (étonnant vu qu’ils ont signé un  certain nombre d’amendements).

Le PS, le MR et le CDH étaient prêts à avancer à des degrés divers mais ont été bloqués par ce premier vote. Le groupe Ecolo-Groen! soutenait le renforcement de la proposition et a d’ailleurs introduit plusieurs amendements pour renforcer le texte initial.

Il s’agit pourtant d‘appliquer une directive européenne de 1999 exigeant que les émissions de CO2  des voitures soient clairement lisibles dans toute forme de publicité. Un arrêté royal pris en 2001 est en vigueur mais a été jugé insuffisant par la Commission européenne qui a mis en demeure la Belgique pour non application de la directive.

Mais la FEBIAC avait balisé le chemin, en écrivant aux parlementaires pour expliquer que son code déontologique était suffisant et que la contrainte était inutile.

Actuellement, la plupart des publicités ne respectent pas le prescrit européen : le lettrage pour les informations CO2 est petit et peu lisible, les émissions sont données par fourchette et non précisément par modèle, l’utilisation de l’argument environnemental est souvent abusive et sans lien avec les émissions affichées ; de plus les supports audio-visuels et internet ne sont pas soumis à la règle.

On peut donc dire que douze ans après le vote de la directive, les Belges ne sont pas correctement  informés ni sensibilisés sur les émissions de CO2 de leurs voitures avant l’achat. Les messages subliminaux liés à la liberté et au plaisir peuvent dominer sans réserve, au mépris de tous les signaux d’alarme lancés à propos des effets déjà actuels du changement climatique.

Mauvais jour pour le climat !

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