Pour une politique globale et intégrée du Cancer

Malgré des progrès importants sur le plan thérapeutiques, le nombre de cancers lui-même ne cesse d’augmenter dans notre pays. Bientôt, une personne sur deux risquera d’être touchée à un moment de sa vie ! C’est un sujet de préoccupation de premier plan, pour la population comme pour les écologistes, qui tiennent à apporter leur contribution face à ce fléau.

C’est pourquoi Thérèse Snoy et Muriel Gerkens déposent au Parlement fédéral une proposition de résolution relative à une politique globale et intégrée de prévention et de traitement du cancer…

 

Pour Ecolo, il faut d’abord réaffirmer qu’on ne peut réduire à leur maladie les personnes affectées. Pour tenir compte de l’ensemble des facteurs individuels et collectifs, il convient de s’interroger, en amont de la maladie, sur les facteurs déterminants de la santé et sur notre système de santé sous tous ses aspects, afin d’en identifier les failles et les points positifs à renforcer.

1. La priorité absolue doit aller à la prévention, qui ne bénéficie pourtant aujourd’hui que de 3 % des budgets. Le cancer le plus facile à soigner est celui qui ne survient pas. Mais la prévention est très vaste : elle ne se limite pas au dépistage et à l’adoption de comportements plus sains. Elle passe aussi par l’amélioration des conditions de vie, de logement, de travail, l’éducation, l’alimentation, l’environnement et à une meilleure connaissance des facteurs favorisants et de leurs interactions. Elle touche à de très vastes champs de compétences et à de nombreux ministères. Ceci implique deux choses importantes :

a) Une véritable politique de santé nécessite une approche transversale : il y a lieu de tenir compte des impacts éventuels sur la santé de tout projet politique. La protection des consommateurs contre les différentes sources de pollution doit être renforcée et mieux coordonnée. La manière de se nourrir ayant un impact important sur notre santé, il est évident que les normes de production agricoles et alimentaires sont capitales, ainsi que l’accès à une information complète et compréhensible pour les consommateurs. Il est évident aussi qu’il faut intégrer l’éducation nutritionnelle dans les crèches et les écoles, pas seulement dans les cantines. Une même approche transversale doit se développer concrètement pour poursuivre la lutte contre le tabagisme.

b) Les différents niveaux de pouvoir doivent coopérer entre eux. Le rôle du gouvernement fédéral n’est pas de décider d’un plan concerté à la va-vite avec les Communautés. Son rôle est de fédérer, dans une logique participative, l’action des Communautés et des Régions. Sur ce plan, la conférence interministérielle doit mieux jouer son rôle fédérateur.

2. Pour pouvoir mener une politique de prévention efficace, que ce soit dans le domaine du cancer ou des autres pathologies, nous avons besoin de données épidémiologiques fiables. Leur collecte est un travail ardu et aujourd’hui, cette collecte est éparpillée. Pour en améliorer l’efficacité, elles doivent être rassemblées au sein d’un seul organisme autonome et de haut niveau scientifique et organisées de manière harmonisées pour pouvoir donner du sens aux recherches et aux politiques de prévention. Ici aussi, un accord doit être conclu rapidement entre les différents gouvernements. Ecolo regrette toujours que cette mission (registre du cancer) ne soit pas confiée à l’institut scientifique de santé publique plutôt qu’à la seule fondation contre le cancer.

3. Sur le plan des soins, l’analyse de la situation met en évidence l’insuffisance de structuration de notre système. Le risque est grand de concentrer toujours plus de moyens sur les centres spécialisés. Ils sont évidemment indispensables, vu la complexité des traitements et la nécessité d’offrir à tous les soins adaptés. Il convient néanmoins de trouver le bon équilibre entre l’approche technologique de pointe et la nécessaire prise en charge globale du patient, laquelle est de la responsabilité principale de la médecine de première ligne. La répartition des tâches entre les différentes lignes de soins n’est pas claire aujourd’hui et la première ligne souffre réellement d’un manque de moyens et de structuration pour remplir ses missions. Il ne suffit pas de dire que le rôle du généraliste est central, il faut surtout faire en sorte que cela devienne une réalité. Pour ECOLO, l’organisation des prestataires de soins doit combiner l’action des centres spécialisés de référence – qui grâce à leurs compétences et équipements de pointe peuvent non seulement traiter mais aussi accompagner et encadrer des traitements de qualité dans l’ensemble des hôpitaux décentralisés et au domicile – et celle des acteurs de 1ère ligne et des structures de soins palliatifs. Le médecin généraliste doit être impliqué dans ce traitement et dans cet accompagnement dès la détection de la maladie, grâce à des pratiques transmuros à développer. Il revient au politique d’assurer le financement de ces prestations de coordination, d’encadrement et de concertation entre les nombreux intervenants au même titre que des prestations de haute technicité.

4. Il ressort des tables rondes qui ont eu lieu en ce mois de février qu’il serait intéressant de mettre en place un organisme national pluridisciplinaire et indépendant qui permette d’organiser l’évaluation des études sur la qualité des traitements, l’évaluation des bonnes pratiques et de l’organisation des soins et d’associer à la fois prestataires de soins, représentants des patients et comité scientifique.

Un tel organisme est en effet à promouvoir mais il s’agira d’organiser cela en lien avec les missions du Centre d’expertise.

5. La recherche est aujourd’hui centrée essentiellement sur les nouvelles thérapeutiques, particulièrement les médicaments. Un rééquilibrage doit être opéré. Les pouvoirs publics doivent investir beaucoup plus de moyens pour identifier les facteurs déterminants du cancer, comme des autres pathologies. Nous avons de bonnes raisons de penser désormais que l’environnement et l’alimentation jouent un rôle très important dans sa genèse et peuvent contribuer à la guérison ou à l’amélioration des périodes de stabilisation des cancers mais, faute de vérifications scientifiques suffisamment étayées, ces éléments sont souvent négligés. Nous devons nous donner les moyens de faire la lumière à ce sujet.

Enfin, rappelons que pour pouvoir assurer des soins de qualité, nous aurons besoin de médecins spécialistes et généralistes. Or les manques se font sentir dans les services hospitaliers, dans les centres universitaires, dans la recherche et sur le terrain de proximité des malades. C’est pourquoi il est urgent de supprimer le système actuel du numerus clausus et de repenser les méthodes d’évaluation et d’organisation des offres de soins, de manière à rencontrer les besoins dans chacun de nos bassins de soins. Ecolo a déposé une proposition de loi en ce sens depuis plusieurs années déjà, voulant anticiper la pénurie. Cette pénurie est bien là aujourd’hui face à de nombreux patients qui n’ont pas tous accès de la même manière à des soins de même qualité partout dans le pays, une réalité insupportable au 21° siècle.

Thérèse Snoy & Muriel Gerkens
Députées fédérales

Si vous désirez le texte de la résolution, merci d’envoyer un mail à reza.opdebeeck _at_ ecolo.be 

 

Comments (2)

Robert Rombaut------------------------------février 25th, 2008 at 12:35

Monsieur Servan Schreiber,

J’ai 60 ans, suis très sportif et essaie de vivre sainement. Je viens de prendre quelques jours de vancances et j’ai lu votre dernier livre que je trouve génial. Une véritable bible dont chacun devrait s’inspirer. J’applique depuis plusieurs années certaines de vos recommandations. (1 cuill. à café tous les matins d’huile d’olive, fruits épluchés, beaucoup de légumes, thé vert. Le curcuma, je ne connaissais pas, et l’impact négatif (à ce point du sucre) non plus.
Le thé vert (bio en sachet) est-il efficace, ou faut-il faire des infusions avec les feuilles…
Pourquoi les purées de pommes de terre sont-elles néfastes. Nous mangeons régulièrement des purées de persil, carottes, choux verts, choux de Bruxelles, brocolis. Et Là, j’étais convaincu d’être dans le bon.

Félicitation pour tout ce que vous faites pour aider les gens et faire prendre conscience aux dirigeants et autre personnes ayant du pouvoir qu’il ne faut pas attendre d’être malade pour agir.

Votre livre m’a conforté dans mes idées, et nous allons essayé d’améliorer encore notre alimentation (suppresssion margarine et diminution sucre) et surtout essayer de convaincre d’autres personnes.

Si vous le pouvez, merci de répondre à ma quesion.

Encore bravo et courage pour la suite.
Robert Rombaut

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